jeudi 29 août 2024
mercredi 28 août 2024
L'ÉTREINTE SEXUELLE
L'étreinte sexuelle est créatrice d'étoiles. Elle revit l'aube du monde, sa création, voit naître le premier soleil. L'homme et la femme se placent dans sa lumière, sous sa protection.
sagesse amérindienne
SI LE GRAND ESPRIT
Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restent toujours au même endroit, il aurait crée un monde immobile; mais il a fait en sorte qu'il soit toujours en mouvement, pour que les oiseaux et les animaux puissent circuler et trouver de l'herbe verte et des baies mûres, du soleil pour s'amuser et pour s'activer, et une nuit pour dormir; un été pour faire pousser les fleurs et un hiver pour qu'elles se reposent.
sagesse amérindienne
lundi 26 août 2024
ACCROCHES - TOI
Accroche-toi à ce qui est bon, même si c'est une poignée de terre.
Accroche-toi à ce que tu crois, même si c'est un arbre solitaire.
Accroche-toi à ce que tu dois faire, même si tu dois partir loin d'ici.
Que ta vie soit comme une fleur sauvage, poussant librement dans la beauté et la joie de chaque jour.
CITATION AMÉRINDIENNE
dimanche 25 août 2024
LE BON CHEMIN
Tout le monde doit trouver le bon chemin. Vous ne pouvez pas le voir, c’est pour cela qu’il est difficile à trouver. Personne ne peut vous le montrer. Chacun doit le découvrir par lui-même.
Charlie Knight – Ute
QU'EST QUE LA VIE ????
"Qu'est ce que la vie? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil."
Crowfoot, chef Blackfeet
jeudi 22 août 2024
SAGESSE
O Grand Esprit, dont j'entends la voix dans les vents
et dont le souffle donne vie à toutes choses, écoute-moi.
Je viens vers toi comme l'un de tes nombreux enfants
Je suis faible...je suis petit...j'ai besoin de ta sagesse et de ta force.
Laisse-moi marcher dans la beauté, et fais que mes yeux
aperçoivent toujours les rouges et pourpres couchers de soleil.
Fais que mes mains respectent les choses que tu as créées
et rends mes oreilles fines pour qu'elles puissent entendre ta voix.
Fais-moi sage, de sorte que je puisse comprendre ce que tu as enseigné à mon peuple
et les leçons que tu as cachées dans chaque feuille et chaque rocher.
Je te demande force et sagesse, non pour être supérieur à mes frères
mais afin d'être capable de combattre mon plus grand ennemi, moi-même.
Fais que je sois toujours prêt à me présenter devant toi
avec des mains propres et un regard droit.
Ainsi, lorsque ma vie s'éteindra comme s'éteint un coucher de soleil
mon esprit pourra venir à toi sans honte ...
Prière Ojibwa
mercredi 21 août 2024
"Les hommes blancs annonçaient bien haut que leurs lois étaient faites pour tout le monde, mais il devint tout de suite clair que, tout en espérant nous les faire adopter, ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes.
Leurs sages nous conseillaient d'adopter leur religion mais nous découvrîmes vite qu'il en existait un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes blancs étaient rarement d'accord sur celle qu'il fallait prendre. Cela nous gêna beaucoup jusqu'au jour où nous comprîmes que l'homme blanc ne prenait pas plus sa religion au sérieux que ses lois. Ils les gardait à portée de la main, comme des instruments, pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les étrangers."
Pachgantschilhilas, chef des Delawares
mardi 20 août 2024
lundi 19 août 2024
VIVRE COMME NOS PÈRES AVANT NOUS
Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m’avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre. Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse.
Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « Pourquoi ne devenez-vous pas civilisés ? ». Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux.
Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas
jeudi 15 août 2024
LES SIX PETITS CAILLOUX BLANCS
Le chef Onas habitait le plus grande loge avec sa femme Niska et leur fils Machigan. La foret donnait du gibier en abondance, le lac fournissait des poissons en quantité et les champs cultivés produisaient assez de maïs pour nourrir tout le monde.
La vie se déroulait paisiblement au rythme des saisons et chacun accomplissait les tâches dictées par la tradition.Mais une croyance semait l’angoisse dans les cœurs. Tous les membres de la tribu, grands et petits, ne circulaient dehors que le jour car la nuit leur inspirait une grande frayeur : ils savaient que le Grand Huart, l’oiseau noir, régnait en maître sur la nuit et que personne n’avait le droit de s’y aventurer.
Aussi, dès la tombée du jour, lorsque le chant des oiseaux parvenait aux oreilles des hommes, c’était le signe que personne ne devait sortir de sa loge ou de son abri de trappe. Car on redoutait les punitions que le manitou infligerait à celui qui braverait sa loi. Le sorcier de la tribu entretenait cette crainte en parlant de châtiments terribles :
- "Si l’un de vous ose sortir, il sera emporté dans le royaume de la nuit et jamais plus il ne reverra les siens !"
Ainsi quand, à la brunante, on sentait descendre l’obscurité, chacun se dépêchait d’achever ses tâches en attendant le chant-signal.Lorsqu’il emplissait l’air de sa mélodie, on s’empressait de ranger les canots au sec et tous se réfugiaient à l’intérieur des loges.
Personne, depuis des lunes, n’avait oser sortir et regarder la nuit en face. Onas enseignait à son fils tout ce qu’il faut savoir pour devenir un grand chef sage et courageux. Sa femme Niska adorait Machigan ; elle passait ses journées à le regarder grandir et à apprêter des peaux pour lui coudre des tuniques et lui broder des mocassins. Machigan avait quinze ans et, déjà, il avait fait ses preuves comme chasseur et comme guerrier.
Tous vantaient sa valeur et son endurance. Mais depuis quelque temps, il s’était mis à réfléchir.Il était agacé de voir les siens accorder foi aveuglément à cette croyance à propos du Grand Huart et de la nuit. Au fond de son cœur il n’arrivait pas à y croire.
Il interrogeait les anciens, il essayait de discuter, de comprendre ; mais tout le monde prenait peur quand il abordait le sujet. Un jour en chassant loin de sa bourgade, il avait entendu parler des étoiles et toute sorte d’autres choses qu’il ne connaissait pas : de lueurs dans le ciel qu’on appelait des aurores, de feu lointains, d’éclairs magnifiques qu’on ne voyait que la nuit.
Machigan voulait savoir et sa curiosité le rongeait. Alors, un jour, n’y tenant plus, il dit tout haut ce qu’il pensant :
- "Je ne crois pas ce que le sorcier enseigne à propos du Grand Huart !"
A ces mots Onas, son père, s'écria :
- "Comment ? s’écria Onas, son père. Tu oses contredire notre sorcier ? malheur à toi, mon fils ! espérons que le grand Huart ne t’ait pas entendu !"
Machigan baissa la tête sans répondre. Mais pour lui tout seul il pensa :
- "Cette nuit, je sortirai voir les étoiles et toutes les choses qui m’ont été cachées. Tant pis si le Huart m’attrape."
Lorsque tout le village fut endormi, Machigan se leva donc doucement et sortit de la loge. Le cœur battant il regarda la lune qui traçait un chemin brillant sur l’eau du lac. Il admira les étoiles qui décoraient le ciel de milliers de points brillants. Le parfum des feuilles et des mousses lui semblait vingt fois plus odorant que le jour. Jamais il n’avait rien vu d’aussi beau. C’était donc cette beauté sans limite que le Grand Huart refusait de partager ?
Avide de découvrir d’autres merveilles, Machigan détacha un canot et s'enfuit sur l’eau sans faire le moindre bruit. Tôt le matin suivant, un chasseur courut avertir le chef qu’il manquait un canot.
Onas alla voir sur la grève. Aussitôt, il demanda :
- "Quelqu’un a-t-il quitté le village ?"
Le chasseur lui répondit :
- "Je ne sais pas !"
Alertée par les bruits de voix, Niska se retourna vers le lit de sapinage où dormait son fils au fond de la loge. Il était vide ! Avant même de regarder la couche de Machigan, quelque chose l’avait averti que son fils était parti. Était-il allé braver le grand Huart ?
Elle n’osait pas y penser. Puis Onas, constatant l’absence de son fils, déclara :
- "Machigan a enfreint la loi. A cette heure-ci, il doit être déjà mort."
et sans manifester d’émotion il ajouta :
- "Le sorcier va préparer la cérémonie."
Le sorcier se retira dans sa tente pour faire ses préparatifs et invoquer les esprits. Il leur parla en ces termes :
- "L’offense est grave ! Il faudra bien choisir nos chants et nos offrandes au Grand Huart pour réparer la grande faute de Machigan. Sinon les malheurs s’abattront sur notre village."
Les gens allèrent chacun chez soi, chercher des colliers, des plumes, des fourrures soyeuses, les meilleurs morceaux de poisson séché. Mais Niska refusait d’accepter si vite la mort de son fils chéri. Elle vint trouver son époux.
- "le Huart l’a peut-être épargné ! Pourquoi ne pas envoyer quelques-uns le chercher ?"
Surpris, Onas, irité de cette audace, lui répondit :
- " Où veut tu que je cherche : Au fond du lac ?"
Tout à coup Niska se souvint qu’elle avait vu en rêve un canot glisser sur une eau noire au-dessus de laquelle brillaient des lumières.
- "Non ! pas au fond, mais sur le lac."
Bientôt Niska comprit que ni les anciens, ni les chasseurs, ni le sorcier, ni son mari ne conservaient espoir de retrouver Machigan. Leur crainte du Grand Huart était telle qu’ils ne pensaient qu’à s’incliner devant sa puissance. Tandis que pour elle, son amour pour son fils l’emportait sur tous les autres sentiments.
Elle pensait que le Grand Huart avait peut-être un enfant, lui aussi, qui était curieux et ardent comme le sien. Son cœur de mère refusait d’accepter la fatalité. Afin de calmer sa femme Onas finit par céder :
- "Quand le soleil sera droit au-dessus de nos têtes, si Machigan n’est pas de retour, j’enverrai un canot à sa recherche."
En prononçant ces paroles, il tentait d’enterrer ses doutes et peut-être aussi d’enfouir au fond de son être la douleur qu’il ressentait. Puis, chacun, au village, reprit ses activités. Niska, rongée d’inquiétude, s’en alla au bord du lac.Elle marcha longtemps sur la grève, scrutant l’eau profonde, au milieu du lac, là où, chaque soir, le Huart lançait son signal.
Elle chercha en vain un indice qui lui révèlerait la présence de Machigan. Regardant le fil de l'eau, elle se demanda :
- "Est-il pensable que le grand Manitou puisse ravir un jeune homme si beau, si plein de promesses ?"
A cette question pour elle, une seule réponse : Non, ce n’était pas possible ! Le grand huart ne pouvait être cruel à ce point. Tout en marchant, Niska ramassa à ses pieds un caillou blanc. Elle se mit à le tourner et à le retourner dans sa main comme pour combattre par ce geste son angoisse et son inquiétude.
Puis elle frotta le caillou contre une pierre dure tout en continuant à épier les mouvements de l’eau. Lorsque le soleil fut au zénith, Onas envoya un canot avec deux de ses meilleurs chasseurs à la recherche de Machigan dans chaque baie et chaque anse du lac et même sur les rivières avoisinantes.
Tout le temps qu’ils furent partis, Niska continua de polir le caillou blanc qui devint lisse et brillant. Machinalement, elle y perça un trou et l’enfila sur une lanière de cuir qu’elle glissa à son cou. Le soir arriva. Les chasseurs revinrent au village sans Machigan.
Niska et les autres se dépêchèrent de rentrer avant la tombée de la nuit. Onas tenta de raisonner sa femme mais elle refusait d’accepter que son fils soit mort et le supplia :
- "Demain, tu enverras encore un canot à sa recherche ?"
Onas accepta car lui aussi avait beaucoup de chagrin d’avoir perdu son fils. Pendant les cinq journées qui suivirent, Onas envoya des chasseurs fouiller toutes les berges, toutes les anses du lac. Leur canot partait à midi et revenait le soir, sans jamais rien apporter de nouveau.
Le jour succédait à la nuit et chaque matin, Niska repartait vers la rive, enjambant les troncs morts et les rochers.Elle allait et venait, gardant une lueur d’espoir bien vivante dans son cœur. Et pour occuper son esprit, chaque jour, elle ramassait un caillou blanc sur la grève et le frottait contre une pierre ; le petit bruit grinçant qui trouait ainsi le silence devenait la seule prière timide qu’elle osait adresser au grand Manitou.
Le soir, en rentrant à la loge, elle perçait son caillou et l’enfilait sur sa lanière. Le sixième jour, bien avant le coucher du soleil, Niska entendit des voix venant du lac et le bruit des avirons dans l’eau. Son cœur bondit dans sa poitrine. Elle se mit à courir.
Le sorcier, qui avait été forcé de retarder encore la cérémonie des morts, approcha de la rive. L’un des chasseurs cria :
- "Le jeune Machigan est vivant ! Le jeune Machigan est vivant !"
A plusieurs mètres du rivage, Machigan sauta dans l’eau et s’avança vers les gens qui l’attendaient. Tous le regardaient venir vers eux en silence. Sa mère s’élança vers lui. Le jeune homme la prit par la main et s’assit près d’un bouleau.On l’entoura et il se mit à raconter :
- "Le ciel était noir mais des milliers d’étoiles brillaient. Quand la lune paraissait, on voyait clair comme en plein jour. J’ai respiré des odeurs extraordinaires. Je ne me lassais pas de regarder le ciel et d’admirer les reflets de surprenantes lueurs.
J’entendais le souffle du vent et le chant de mille oiseaux de la nuit. On aurait dit qu’ils riaient.Je suis entré dans les eaux turbulentes et mon canot a chaviré."
Après une pause, il poursuivit :
- "J’ai essayé de nager mais une grande faiblesse m’a envahi et d’étranges remous m’ont emporté. Je n’avais pas la force de les combattre. J’ai coulé à pic. Quand j’ai ouvert les yeux, j’étais au sec dans un nid de branches et de feuilles et le grand huart se tenait près de moi. Il m’a apporté du poisson à manger et de l’eau à boire. Petit à petit mes forces sont revenues. Le grand huart ne semblait pas offensé de ma bravade. Il m’a demandé ce que j’avais vu dans son royaume.Il voulait savoir si avec mes flèches, je pouvais atteindre les étoiles, si nos guerriers voulaient capturer la lune et l’emprisonner dans la grande loge. J’ai répondu que je ne le pensait pas."
L'assistance était médusée et surprise que le grand huart n'ai pas pris la vie de Machigan.
- "Alors il m’a raconté les secrets de la nuit, les mystères qu’elle abrite, les feux qu’elle allume. Il a compris qu’il ne devait pas craindre que les hommes lui volent son royaume et il m’a dit :
- "Je veux bien désormais partager la nuit avec vous. Mon chant ne sera plus un signal pour vous interdire de sortir. Vous aurez accès à toutes ses beautés. Vous laisserez la lune suivre son chemin et à partir de maintenant, je chanterai désormais pour saluer sa venue."
- "Je ne savais pas où je me trouvais mais devant mes yeux tout à coup je vis avancer une embarcation. J’ai appelé et simplement, me voila."
Niska se leva et embrassa son fils.
- "Viens avec moi!"
Elle l’entraîna sur le rivage et lui dit de ne pas bouger. Sous les yeux de tous, elle détacha un canot et s’en alla toute seule au milieu du lac. Personne n’osait rien dire, pas même Onas, ni le sorcier. Sur le visage de Machigan qui la suivait du regard se dessinait un sourire.
Niska fila sur l’eau et le chant modulé du huart retentit. Les gens massés sur la grève frissonnèrent car ils n’étaient pas totalement rassurés. Le grand huart lançait son signal et pourtant, la nuit était loin encore !
Qu’est ce que cela voulait dire ? Niska continua d’avancer. Sans même agiter la surface de l’eau un magnifique huart noir surgit devant le canot. Niska arrêta de ramer. Elle retira de son cou le collier de cailloux blancs qu’elle avait polis et repolis tout au long de sa douloureuse attente.
Elle se pencha vers le huart qui se tenait immobile devant elle. Puis elle lui glissa au cou le collier qu’elle avait façonné. Elle murmura un seul mot avant de repartir vers le village :
- "Merci."
On dit que c’est depuis ce jour que les huarts portent sur leur cou noir et luisant un magnifique collier de plumes blanches.
Des plumes qui ont dû être un jour des cailloux : six cailloux blancs sur un fil.






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